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Christian Riethauser a peaufiné son exposition sur les jumeaux et les
jumelles pendant trois ans.
Georges Meyrat
Dans

du 29 / 11 /
2004 |
Christian Riethauser a de qui tenir. Descendant du photographe peintre
grison Christian Riethauser (1852-1901), ce
Glandois cinquantenaire, à l’AI depuis une dizaine d’années, a fait de sa
passion un moyen d’expression. Avec une sensibilité et un talent certains,
le sociétaire du Photo-Club de Lausanne donne à voir, à l’Office du tourisme
de Rolle, son dernier sujet de reportage: «Jumeaux, jumelles».
L’intitulé est explicite. La démarche est originale. «Un jour, j’ai croisé
des jumelles dans la rue. J’ai été frappé par leur ressemblance. Mais aussi
par leur complicité.» Cette rencontre fortuite, qui date de trois ans, lui
donna l’idée de partir à la «chasse aux jumeaux» avec son objectif. Pour ce
faire, Christian Riethauser n’a pas contacté d’association, ce qui lui
aurait permis de jouer la facilité. «Je ne voulais pas qu’on me mâche la
besogne en me glissant une liste de téléphones.» Dans sa quête, il a fait
confiance au hasard et a laissé travailler le temps. «Quand j’en rencontrais,
je les abordais. J’ai sollicité une vingtaine de paires. Deux ont refusé,
une par timidité, l’autre en arguant un motif professionnel. Dix-sept ont
accepté, par écrit, que leurs photographies soient exposées.»
Notre interlocuteur s’accorde un répit avant d’ajouter: «Entre pudeur et
réticence, cela n’a pas toujours été évident. La majorité d’entre eux posait
pour la première fois dans un studio.» L’éclairage est toujours semblable,
le fond également. Il se dégage ainsi une unité. «J’ai choisi le noir et
blanc pour l’exposition. Car pour moi, ça va de soi lorsqu’on veut montrer
le corps humain, le visage surtout. Les intéressé(e)s avaient tout loisir de
s’habiller comme bon leur semblait. Afin qu’ils se sentent à l’aise, ils
pouvaient écouter un CD de leur choix.»
A Rolle, jumeaux et de jumelles de 3 à 33 ans s’affichent donc par
exposition interposée, jusqu’au 23 décembre. «Il s’agit uniquement de vrais
jumeaux», précise le photographe. Recrutés entre Terre Sainte et
Saint Livres, avec un crochet par la vallée de Joux, les modèles sont
Suisses, Portugais, Espagnols et Asiatiques. Le melting-pot ajoute au charme.
Précisons encore que Christian Riethauser n’est pas un adepte du numérique.
«Je développe moi-même. J’aime sentir l’odeur du produit, tremper le papier
blanc dans le révélateur et voir apparaître progressivement l’image. C’est
magique.» |